Les Trairies, la nuit du 24 au 25 décembre…
Depuis plus de 200 ans, les Andennais perpétuent la nuit de Noël une coutume locale : les Trairies.
Si le cougnou succulente brioche de Noël à la douce forme d’un bébé emmailloté, criblé, au demeurant, de gros raisins et de croquants de morceaux de sucre est très connu dans toute la Wallonie, ce n’est vraiment qu’à Andenne qu’il sert d’enjeu a une partie de cartes très typique.
Le 24 décembre, après la grand messe, on se réunit chez les boulangers, dans les tavernes ou en famille pour “ jouer des trairies ”.
Le gain comporte 5 cougnous et une bûche de grandeur décroissante dont le plus gros s’appelle en wallon : “ Li Prumî ” ; le second “ Li deûzinme ” ; le troisième “ Li Trwèsinme ”, le quatrième “ Li Quatrin-me ” et le plus petit “ Li Trôye ”. Cette petite dernière “ cougnolle ” est un peu la honte du jeu. Depuis les années 1980, on remplace souvent le plus gros des cougnous par une belle bûche en gâteau.
Une partie de trairies requiert un jeu de 32 cartes et 10 joueurs par table. Ces 10 personnes s’assemblent autour d’une table. Chacune verse la “ mise ”. Le premier participant désigné “ bat ” les cartes, le second “ coupe ”, le troisième distribue une carte à chacun des dix joueurs et retourne enfin la onzième carte du paquet. Celui qui possède la carte la plus haute dans la couleur retournée gagne le premier cougnou. On le comprend aisément: jouer “aux trairies”, c’est jouer à “la bataille” non à 2 mais à 10 joueurs. Et le jeu reprend avec le même processus naïf pour le reste du lot des cougnous jusqu’à l’attribution de la Trôye laquelle suscite toujours l’amusement des nombreux spectateurs présents et sans doute … la honte de celui qui le gagne. Comme il s’agit d’un jeu de pur hasard, un joueur peut avec un brin de chance, emporter plusieurs cougnous ou même tous ; d’autres peuvent ne rien gagner du tout !
En 1890, Monsieur Désépulcre, professeur de français à l’Ecole Moyenne d’Andenne, a écrit un article dans la revue folklorique WALLONIA. Il donne des précisions intéressantes qui permettent de voir l’évolution de la tradition. L’auteur, comme d’autres, signalent que la date de début est inconnue ” remonte à la nuit des temps.” Les trairies se jouaient dans seulement dans trois boulangeries (dont celle de la famille Henry, rue Hanesse). Vu le nombre des participants et surtout l’exiguïté des locaux, des parties se déroulaient jusque dans les chambres des commerçants. La manière de jouer était identique à celle d’aujourd’hui. Par contre, les 5 cougnous étaient plus volumineux. A un point tel, que les joueurs prenaient la précaution de prendre des sacs ou des taies d’oreiller pour y mettre le résultat de leur gain. Une autre différence avec aujourd’hui : c’était presque exclusivement les Andennais des quartiers éloignés qui jouaient aux trairies au sortir de la messe de Minuit, les citadins andennais rentraient directement chez eux pour y fêter Noël en famille… Tandis que ” les paysans des hauteurs” s’attardaient dans les boulangeries : les trairies étaient leur façon de faire la fête. Les trairies étaient socialement mal connotée : c’était le jeu des gens du peuple (ceux des villageois dans les hameaux éloignés, pas ceux des ouvriers de la ville). Aussi, jamais le bourgeois andennais ne jouait aux trairies alors qu’aujourd’hui ce jeu réunit toutes les couches de la population. Ambiance et bonne humeur assurées !
Pour en savoir plus, écoutez notre version audio – extrait de notre audioguide :
http://soundcloud.com/andennetourisme/4-les-trairies-une-tradition
Retrouvez des images des éditions précédentes.
Les Trairies en images
Les Trairies à la boulangerie Dieudonné
Petit livret explicatif
L’histoire du Cougnou et des Trairies
Recette traditionnelle du cougnou
Ingrédients :
250gr de farine
15gr de levure
15cl de lait tiède
1 œuf + 1 jaune d’œuf
50gr de sucre
75gr de beurre
raisins secs
sucre perlé (facultatif)
Préparation
Dans un grand saladier, tamiser la farine et y réaliser une fontaine.
Délayer la levure dans le sucre tiède.
Verser la levure délayée et le lait au milieu du jaune d’œuf.
Placer le sel et le sucre sur le pourtour de la fontaine.
Mélanger petit à petit la farine à la levure en ajoutant peu à peu le beurre.
Travailler à la main jusqu’à l’obtention d’une boule de pâte lisse et élastique.
Couvrir d’une serviette et laisser reposer une heure à température ambiante. La pâte augmente ainsi de volume.
Retravailler rapidement la pâte et incorporer les raisins secs et le sucre perlé.
Retirer deux petites boules de pâte, confectionner le corps du cougnou et ajouter légèrement le dessus des boules (pour figurer les deux têtes).
Préchauffer le four à 210 ° en tenant compte de la spécificité de votre four.
Badigeonner le cougnou avec l’œuf battu.
Faire cuire 30 minutes à four chaud, plaque beurrée et graissée.
Retirer du four et laisser refroidir.
Déguster avec du beurre.












