Sélectionner une page

Départ : Rue Lapierre 31-41 - 5300.

L’ambition de procurer le confort moderne, l’hygiène et les loisirs à tous suscitera la construction de nombreuses infrastructures collectives : cités jardins ou immeubles modernistes, piscines, gymnases, stades, écoles, cinémas.

L’amélioration du confort domestique avec le gaz, l’eau courante, l’électricité, la salle de bain, le WC intérieur, le chauffage central, l’ascenseur provoque des modifications architecturales. Les façades se voient épurées et géométrisées pour atteindre une luxueuse sobriété. L’horizontalité des niveaux est accentuée et préférée aux lignes verticales.

Le béton armé devient d’usage courant. La brique rouge et en camaïeu d’ocres est montée en jeux géométriques. Les motifs décoratifs en vogue sont les fontaines, les corbeilles de fleurs stylisées, les spirales, les entrelacs, les zigzags. Ils sont déclinés dans de nombreux matériaux : fer forgé, vitrail, verre, pierre, céramique. Les verres sont souvent incolores, parfois colorés dans la masse. Ils sont transparents, translucides, opaques ou opalescents et sont imprimés de légers reliefs nuagés ou chenillés. La technique du vitrail traditionnel perdure mais évolue vers un décor abstrait.

En 1922, les usines de Fauquez (Ronquières) inventent et développent l’utilisation de la marbrite, verre de teinte opale, opacifié, coloré dans la masse, poli et lisse, à l’allure de marbre. L’entreprise innove également avec la technique du cimorné (ciment orné). Cette fois, ce sont de petits morceaux de marbrite, projetés sur un enduit de ciment frais, qui sont mis en œuvre pour le parement des façades souvent soulignées par des bandeaux de marbrite.

A la recherche de l’Art Déco à Andenne

 

Les façades possèdent habituellement une surface plane en pierres de grès ocre taillées à angle ou en briques rouges savamment agencées de manière à former des motifs. Elles témoignent du niveau social de l’occupant. Les châssis des ouvrants sont soulignés de linteaux, de piédroits et de seuils en béton enduits d’un crépi de couleur crème.

Fréquemment, un jardinet grillagé devance le bâtiment. Quelques marches mènent à la porte d’entrée. Elle est surmontée d’un auvent rectangulaire. La rampe d’escalier, souvent en ciment, est coupée à angle et dotée de fers forgés. La principale pièce de réception est lumineuse grâce à son bow-window, souvent coupé en pans. Les fenêtres à la mode sont celles à guillotine. Parfois, le châssis supérieur fixe est doté d’un vitrail. Une lanterne à pans coupés est adossée à la façade. Au niveau du sol, un logement pour les domestiques est aménagé ou bien un garage, trace de la démocratisation de l’automobile.

Les maisons unifamiliales modernistes

 

Les façades des maisons modernistes sont plus sobres que les précédentes qui restaient ancrées dans un goût traditionaliste, ornemental et régionaliste.

Leurs surfaces planes et leurs volumes géométriques sont, soit entièrement crépies, soit composées d’un jeu de briques de couleur jaune d’un nouveau format ; la tranche est plus fine et plus longue.

Souvent soulignée de bandeaux et d’un auvent plat en béton crépi de couleur crème, la porte d’entrée est simple. Les fenêtres forment de longs bandeaux horizontaux et le toit est parfois plat.

La cité jardin

 

La cité jardin située rue Abbéchamps est un beau témoignage de constructions sociales entre-deux guerres.
Composées de moellons en grès, elles sont précédées d’un jardinet. Elles forment un harmonieux alignement de maisonnettes mais sans prétention.

Les maisons unifamiliales au revêtement de marbrite et de cimornée.

 

Plus d’une dizaine de ces maisons ont été repérées dans l’entité d’Andenne. Leur façade plane est crépie de cimorné à dominantes gris, vert ou rose et scintille au moindre rayon de soleil.

Elle est de plus rehaussée de bandes de marbrite noire. Leur agencement est parfois recherché et forme des motifs particuliers. Les soubassements sont ornés de carreaux de marbrite noire irréguliers. Des lignes pointillées dessinées de carreaux réguliers noirs courent le long de la façade pour unifier tous ses éléments et accentuer son horizontalité.

Le cimetière

 

Situé rue Champsia, ce cimetière recèle de nombreuses pierres tombales taillées de formes Art Déco et un monument aux morts, victimes des deux grandes guerres. De belles statues stylisées incarnant la souffrance des hommes surmontent parfois les tombes.

Le caveau des familles Philippot-Rasquin est orné de deux plaques métalliques argentées à décor stylisé, œuvres de l’artiste andennais Léon Philippot.

Des effigies du Christ ceint d’une couronne d’épines, en porcelaine rehaussée de dorure, attestent du développement et de l’engouement pour les articles d’art funéraire fabriqués notamment par l’entreprise Téco à Bois-de-Breux (Grivegnée).

 

Les monuments publics

 

Le monument aux morts adossé à la collégiale Sainte-Begge est signé par le sculpteur Angelo Hecq. Commémorant les victimes de la guerre de 1914-1918, il fut érigé en 1930 puis complété par la mention de la guerre 1940-1945 dans la même police Art Déco. Au centre, un haut-relief de pierre de calcaire de Meuse gris est sculpté de trois soldats en uniforme, arme au poing, en position d’attaque. Ils symbolisent l’élan guerrier. Ils sont taillés et composés de multiples plans et de facettes géométriques, assemblés de manière cubiste. A gauche, des hommes affligés portent les valises de l’exil. A droite, les femmes en pleurs bercent leurs morts. En haut, en bronze, les trois premiers souverains des Belges, Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier, couronnent la tragédie d’une nation qui fête son centenaire en 1930.

Le même artiste est l’auteur d’une statue en grès cérame incarnant Minerve.

Datée de 1949, elle figure à l’entrée de l’athénée royal Jean Tousseul, rue Adeline Henin n° 1. Minerve est la protectrice de Rome et patronne des artisans. Elle est associée dans la mythologie grecque à Athéna, déesse de la raison, de la prudence et de la sagesse. Minerve, casquée et drapée à l’antique, s’appuie sur un bouclier à terre bardé du mot PAX. La paix est revenue. La statue en grès cérame peint en imitation bronze est taillée à grands pans anguleux.

De grand format, elle a probablement été cuite dans les vastes fours des ateliers andennais.

Au centre du rond-point, avenue de Belle-Mine,a été placée la pierre de taille sculptée commémorant la création en 1935 de l’usine General Refractories à Seilles. Aujourd’hui détruite, elle se tenait sur l’autre rive.

On y fabriquait des céramiques réfractaires dont des blocs composant les fours à chaux.
Ici est symbolisé le dur labeur d’un mouleur façonnant des blocs à l’aide d’un pilon à deux cames et à deux arbres.

Les bâtiments publics

L’école fondamentale Jean Tousseul, rue de l’Hôpital n°17 est un beau témoignage de bâtiment public de style Art Déco.

Le porche d’entrée au numéro 17 est encadré d’une archivolte en plein cintre néo roman. La voussure extérieure est en briques rouges pour faire transition avec l’ocre jaune de la façade en grès et la pierre calcaire de Meuse grise des deux voussures suivantes. La voussure centrale est gravée du nom du de la fonction du bâtiment « Ecole normale de l’Etat ». La voussure interne est montée en grand appareil de claveaux en quart de rond. Trois impostes successives reçoivent les charges.

Une rotonde à front de rue entame une succession de bâtiments en grès jaune construits en U autour de la cour de récréation dont l’allée d’entrée était couverte d’une pergola qui a disparu.

La baie en demi-cercle est coupée de 9 meneaux assemblés dans un encadrement en pierre calcaire grise cerné d’une moulure à angle droit. La rotonde est surmontée d’un balcon dont la balustrade n’est plus d’époque. Une rotonde similaire est construite à côté de la première avec l’arc est plus petit. De grandes fenêtres couvrent presque l’entièreté de la façade qui est rythmée par une enfilade de montants coupés de croisillons.

Dans cet ensemble, se trouve une piscine remarquable et dans l’internat, un escalier et des vitraux Art Déco.

Une plaque émaillée publicitaire rouillée rappelle le nom du fournisseur de briques de façade : briqueterie de Gosselies.

  • Distance : 9km
  • Temps : 2h10
  • Difficulté

Balade Thématique

Suivre sur votre Smartphone

Nécessite Google Maps

Cartographie

Points d'intérêts

A découvrir au long de cette balade